Calculer la TVA : méthode et exemples

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Écrit par Samantha P

Rédaction

Calculer la TVA devient simple dès que l’on distingue trois montants : le prix hors taxes (HT), la TVA et le prix toutes taxes comprises (TTC). La méthode consiste ensuite à appliquer le taux correspondant à l’opération, puis à vérifier si votre entreprise doit réellement facturer la TVA.

À retenir : pour une prestation à 20 %, un prix de 1 000 € HT donne 200 € de TVA et 1 200 € TTC. Si vous partez d’un prix TTC, vous devez diviser par 1,20 : il ne faut pas retirer 20 % du TTC.

Cet article présente la méthode générale, des exemples chiffrés vérifiés et les points d’attention pour un indépendant ou une micro-entreprise en France. Les taux et seuils sont à recontrôler avant publication et au moment de l’émission d’une facture : ils dépendent parfois de la nature exacte de l’opération, du lieu et du régime fiscal.

TVA, HT et TTC : quelle différence ?

La TVA est un impôt sur la consommation. Lorsqu’une entreprise est redevable, elle la collecte auprès de son client puis la reverse à l’administration fiscale, selon son régime de déclaration.[1]

  • Prix HT : montant de la vente ou de la prestation avant TVA.
  • TVA : montant de taxe appliqué au prix HT.
  • Prix TTC : total payé par le client, égal au HT augmenté de la TVA.

La TVA collectée n’est donc pas du chiffre d’affaires disponible : elle doit être isolée sur un compte ou une enveloppe de trésorerie afin de pouvoir être reversée, après prise en compte de la TVA déductible lorsque le régime le permet.

Les formules pour calculer la TVA

Passer du HT au montant de TVA

TVA = HT × taux de TVA

Avec un taux de 20 %, on utilise 0,20. Avec 10 %, on utilise 0,10 ; avec 5,5 %, 0,055.

Passer du HT au TTC

TTC = HT × (1 + taux de TVA)

Exemples de coefficients :

  • 20 % : HT × 1,20 ;
  • 10 % : HT × 1,10 ;
  • 5,5 % : HT × 1,055 ;
  • 2,1 % : HT × 1,021.

Retrouver le HT à partir du TTC

HT = TTC ÷ (1 + taux de TVA)

Puis : TVA = TTC − HT.

Autre formule directe : TVA = TTC × taux ÷ (100 + taux). Pour 20 %, la TVA représente donc 20/120 du TTC, soit 1/6 — pas 20 % du TTC.

Arrondir correctement

Effectuez le calcul avec plusieurs décimales, puis arrondissez les montants affichés au centime d’euro. Pour une facture comportant plusieurs lignes, calculez et arrondissez selon le paramétrage de votre logiciel (par ligne ou au total), puis vérifiez que le total reste cohérent.

Exemples de calcul de TVA

Exemple 1 : calculer la TVA et le TTC à partir du HT à 20 %

Une graphiste facture une prestation 1 000 € HT au taux de 20 %.

  • TVA : 1 000 × 0,20 = 200 € ;
  • TTC : 1 000 + 200 = 1 200 €.

Sur la facture : 1 000 € HT, 200 € de TVA, 1 200 € TTC.

Exemple 2 : retrouver le HT à partir d’un TTC à 20 %

Un devis indique un total de 1 200 € TTC au taux de 20 %.

  • HT : 1 200 ÷ 1,20 = 1 000 € ;
  • TVA : 1 200 − 1 000 = 200 €.

L’erreur à éviter est 1 200 − (1 200 × 20 %) = 960 € : cette opération ne permet pas de retrouver le HT.

Exemple 3 : appliquer un taux de 10 %

Une prestation éligible au taux de 10 % est facturée 2 400 € TTC.

  • HT : 2 400 ÷ 1,10 = 2 181,8181… €, soit 2 181,82 € après arrondi ;
  • TVA : 2 400 − 2 181,82 = 218,18 €.

Le total arrondi est donc 2 181,82 + 218,18 = 2 400,00 € TTC. L’éligibilité au taux réduit doit être vérifiée selon la nature de l’opération ; par exemple, certains travaux de rénovation peuvent relever de 10 % ou 5,5 % sous conditions.[3]

Exemple 4 : appliquer un taux de 5,5 %

Un produit soumis au taux de 5,5 % est vendu 800 € HT.

  • TVA : 800 × 0,055 = 44 € ;
  • TTC : 800 + 44 = 844 €.

Le taux de 5,5 % n’est pas un taux applicable par défaut : il faut confirmer que le produit ou la prestation entre bien dans le champ prévu par les règles fiscales.

Exemple 5 : appliquer un taux de 2,1 %

Une opération soumise au taux de 2,1 % est facturée 500 € HT.

  • TVA : 500 × 0,021 = 10,50 € ;
  • TTC : 500 + 10,50 = 510,50 €.

Le taux de 2,1 % concerne des situations précises. Par exemple, certains produits médicaux remboursables relèvent de ce taux, tandis que d’autres produits de santé peuvent relever de 10 % ou 20 %.[4]

Quels taux de TVA utiliser en 2026 ?

Le taux normal de 20 %

Le taux de 20 % est le taux à utiliser dans l’exemple standard lorsque l’opération ne relève pas d’un taux particulier. Il ne suffit toutefois pas de connaître l’activité de l’entreprise : il faut qualifier la vente ou la prestation elle-même.

Les taux réduits de 10 %, 5,5 % et 2,1 %

Les taux réduits s’appliquent uniquement à certaines catégories d’opérations et sous conditions. La nature du bien ou du service, sa destination, le lieu de l’opération et les justificatifs disponibles peuvent modifier l’analyse. Service Public donne notamment des cas de travaux de rénovation à 10 % ou 5,5 % et des exemples sectoriels à 2,1 %.[3][4]

Point à confirmer avant mise en ligne : ne présentez pas ces quatre taux comme une liste suffisante pour toutes les activités. Ajoutez, si nécessaire, un lien vers le taux sectoriel applicable et faites valider les cas particuliers par un expert-comptable ou le service des impôts des entreprises (SIE).

Faut-il facturer la TVA quand on est en micro-entreprise ?

La franchise en base de TVA

La micro-entreprise n’est pas automatiquement exonérée de TVA. Elle peut relever de la franchise en base de TVA si elle respecte les seuils applicables à son activité. Dans ce régime, l’entreprise ne facture pas la TVA et ne dépose pas de déclaration de TVA, mais elle ne peut pas déduire la TVA payée sur ses achats professionnels.[2]

Pour 2026, les seuils français de base indiqués par Service Public restent :

Activité Seuil de franchise en base Seuil majoré 2026
Ventes de marchandises, objets, fournitures, denrées et activités commerciales assimilées 85 000 € 93 500 €
Prestations de services 37 500 € 41 250 €

Le dépassement du seuil de base et celui du seuil majoré n’ont pas les mêmes conséquences et le calendrier dépend du niveau de dépassement. Pour une prestation de services, le dépassement du seuil majoré peut entraîner la fin de la franchise dès le jour du dépassement ; un dépassement du seuil de base peut produire un effet à compter de l’année suivante selon la situation.[2]

La réforme annoncée d’un seuil unique à 25 000 € a été abandonnée ; les seuils 2026 ci-dessus sont ceux affichés par Service Public au moment de la rédaction.[1][2]

La mention à mettre sur une facture en franchise

Une entreprise en franchise ne doit pas facturer de TVA. La facture doit porter la mention légale adaptée, généralement « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Vérifiez la formulation en vigueur et les autres mentions obligatoires au moment de l’édition de votre facture.

Peut-on opter volontairement pour la TVA ?

Oui, une entreprise qui respecte les seuils peut demander à être soumise à la TVA. Cette option peut être pertinente si elle réalise des investissements ou supporte beaucoup d’achats professionnels avec TVA, mais elle ajoute des obligations de facturation, de déclaration et de suivi.[2] Faites comparer le gain potentiel de TVA déductible avec la charge administrative et l’effet du prix TTC sur vos clients.

Comprendre la TVA collectée et la TVA déductible

La TVA à reverser : la logique générale

Lorsque l’entreprise est redevable, le montant théorique à payer est généralement :

TVA à décaisser = TVA collectée sur les ventes − TVA déductible sur les achats

Exemple sur une période :

  • TVA collectée sur les factures clients : 1 200 € ;
  • TVA déductible sur des achats professionnels éligibles : 350 € ;
  • TVA à décaisser, avant éventuels crédits ou régularisations : 1 200 − 350 = 850 €.

Cet exemple est pédagogique : la déductibilité dépend notamment de l’intérêt pour l’activité, de la facture, des exclusions et des règles propres à la dépense. En franchise en base, la TVA sur les achats professionnels n’est pas déductible.[2]

Les justificatifs à conserver

Pour chaque achat : conservez la facture, vérifiez qu’elle comporte une TVA identifiable, rattachez-la à l’activité et classez-la par période. Ne déduisez pas mécaniquement toute TVA payée : certaines dépenses sont exclues ou limitées et les règles peuvent différer selon le bien, son usage et le régime de l’entreprise.

Méthode en cinq étapes avant d’émettre une facture

  1. Qualifier l’opération : vente, prestation, acompte, avoir, export ou opération intracommunautaire.
  2. Vérifier le régime : franchise en base ou régime de TVA avec collecte et déclaration.
  3. Confirmer le taux : 20 %, 10 %, 5,5 %, 2,1 % ou autre régime particulier.
  4. Calculer : HT → TVA → TTC, ou TTC → HT → TVA avec le bon coefficient.
  5. Contrôler la facture : montants, arrondis, mentions, numéro de TVA si nécessaire et conservation des pièces.

En cas de doute sur une opération internationale, un acompte ou une activité soumise à un taux spécial, ne déduisez pas la réponse d’un simple calcul : faites confirmer le traitement fiscal.

FAQ : six questions fréquentes sur le calcul de la TVA

Comment calculer la TVA à partir d’un prix HT ?

Multipliez le prix HT par le taux sous forme décimale. À 20 %, 750 € HT donnent 750 × 0,20 = 150 € de TVA, soit 900 € TTC.

Comment calculer le HT à partir d’un prix TTC ?

Divisez le TTC par 1 + le taux. À 20 %, 900 € TTC donnent 900 ÷ 1,20 = 750 € HT. La TVA est de 900 − 750 = 150 €.

Quels sont les taux de TVA à connaître en 2026 ?

Les taux fréquemment rencontrés sont 20 %, 10 %, 5,5 % et, dans certains cas précis, 2,1 %. Le taux dépend de l’opération, pas seulement du statut de l’entreprise. Vérifiez le taux sectoriel et la situation géographique avant de facturer.[3][4]

Quels seuils de franchise concernent une micro-entreprise en 2026 ?

Les seuils de base indiqués sont 37 500 € pour les prestations de services et 85 000 € pour les ventes de marchandises et activités commerciales assimilées. Les seuils majorés affichés pour 2026 sont respectivement 41 250 € et 93 500 €.[2]

La TVA sur les achats professionnels est-elle déductible ?

Oui, en principe lorsque l’entreprise est redevable de la TVA et que la dépense est éligible, justifiée et utile à l’activité. Non dans le régime de franchise en base : ce régime ne permet pas de déduire la TVA sur les achats professionnels.[2]

Quand faut-il reverser la TVA collectée ?

La périodicité dépend du régime d’imposition : régime réel simplifié ou régime réel normal, avec des modalités et échéances différentes. Une entreprise au réel normal déclare en principe mensuellement ; lorsque la TVA exigible annuelle est inférieure à 4 000 €, une déclaration trimestrielle peut être possible selon les règles applicables.[1] Consultez l’espace professionnel impots.gouv.fr et le SIE pour votre calendrier exact.

Checklist : calculer et contrôler sa TVA

  • ☐ J’ai identifié si mon entreprise est en franchise en base ou redevable de la TVA.
  • ☐ J’ai vérifié le seuil de chiffre d’affaires correspondant à mon activité.
  • ☐ J’ai qualifié précisément la vente ou la prestation.
  • ☐ J’ai confirmé le taux applicable et ses éventuelles conditions.
  • ☐ J’ai choisi le bon sens de calcul : HT → TTC ou TTC → HT.
  • ☐ J’ai calculé la TVA avec le taux décimal correct.
  • ☐ J’ai arrondi au centime selon la règle de mon outil de facturation.
  • ☐ J’ai contrôlé que HT + TVA = TTC.
  • ☐ J’ai séparé la TVA collectée de ma trésorerie disponible.
  • ☐ J’ai conservé les factures d’achats servant à justifier la TVA déductible.
  • ☐ J’ai vérifié les mentions obligatoires, notamment la mention de franchise si elle s’applique.
  • ☐ J’ai noté la date de prochaine vérification des seuils, taux et échéances.

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